15 octobre 2007

e.s.tra-terrestre.

Peut-on ressortir d’un concert d’e.s.t. sans en être profondément changé?
En arrachant des accords sursaturés à la contrebasse sur quelques notes répétées de manière obsessionnelle, en mélangeant jazz, électro, rock, classique, pop, ils donnent, dans ce génial syncrétisme, le sentiment qu’e.s.t. représente un moment de la musique, qu’il y avait un avant, qu’il n’y aura peut-être pas d’après, que plaisir et intelligence constituent une entité irréductible et, surtout, l’impression d’une révolution qui renvoie dans un passé sépia et poussiéreux toutes les autres expériences musicales.
Ils donnent aussi le sentiment d'une prise de risque irrationnelle, de la musique en seringue, la jouissance d’un saut sans parachute, d'un suicide des sens, qu’il faut, immédiatement et irrémédiablement, condamner Esbjörn Svensson Trio aux enfers puis brûler ceux qui, comme moi, ont assisté au concert qu’ils donnaient samedi dernier à Tourcoing.
Si vous ne la faites pas, vous n’y échapperez pas.

Gilles

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09 juillet 2007

E.S.T. encore et encore

L’archet glisse sur les cordes de la contrebasse tandis que la batterie, discrète, semble frappée par les mains. Petit à petit le thème est esquissé puis, le piano s’y associant, semble se fixer. Jusqu’à s’imposer. Quelques notes supplémentaires pour la répétition du thème marquent une légère différence à peine perceptible. Le thème posé, la contrebasse revient en avant sur un jeu mi-accompagnement, mi-chorus. Progressivement le morceau monte en intensité.
Un peu plus de 10 minutes de musique pour en prendre plein sa "Face of Love".

A écouter sur le Live in Stockholm.

Gilles

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06 juillet 2007

le phénomène E.S.T.

Le risque, en parlant d’E.S.T., c’est de tout axer sur leur nationalité suédoise et d’expliquer leur musique, leur son, leur originalité par une posture prétendument scandinave.
Certes, ils sont beaux, ont des yeux clairs, posent systématiquement en tee-shirt (on n’a jamais froid lorsqu’on vient du froid) mais attention à l’idée d’une «nature suédoise». Je ne m’aventurerai pas non plus sur le terrain glissant qui consiste à comparer leur musique avec les paysages du Nord… En plus, on a déjà mis Garbarek sur ce créneau.
E.S.T., c’est de toute façon, un phénomène international. Le nombre important de concerts donnés d’un continent à l’autre, la couverture médiatique, la reconnaissance du public et des spécialistes montrent que leur musique a dépassé le cadre strictement suédois, scandinave ou tout ce qu’on voudra.
E.S.T., c’est aussi une formation aux abords classiques : un trio piano, basse, batterie qui nous renvoie à Keith Jarrett ou encore Bill Evans. Ils sont, pour le premier c’est revendiqué très explicitement par Esbjörn Svensson (E.S.), des références pianistiques. Au rayon des influences, ajoutons Chick Corea et Theolonius Monk, à qui ils ont consacré E.S.T. plays Monk.
Mais, chez E.S.T., il y aussi la pop, sûrement l’électro, le classique… Bref une sorte de maëlström (aïe, ça m’a échappé !!!), une capacité à adopter tout ce qui peut apporter. Ecoutez, par exemple, sur le Live in Stockholm, «Face of Love» ou encore «Good Bye Susie Soho». J’y vois de la pop, de l’électro, de la musique répétitive. Derrière quelque chose qui semble, a priori, extrêmement classique, écoutez le son saturé de la contrebasse, jouée tantôt à l’archer, tantôt au doigt, l’usage direct des cordes du piano ou encore la batterie qui peut se faire percu.

A consommer sans modération

Gilles

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28 décembre 2006

Edition 2007 !

Les dates de l'édition 2007 sont désormais connues : du 16 au 22 juillet 2007

Un avant-goût du programme, que vous trouvez en détail ici :

jeudi 19 juillet : Denis Colin Trio - Gwen Matthews


vendredi 20 juillet : e.s.t. - Esbjorn Svensson Trio



samedi 21 juillet : Richard Galliano "Tangaria Quartet"

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