04 novembre 2007

mort tragique

C’est à l’avant-dernière plage du dernier de Carla Bley, The Lost Chords find Paolo Fresu, qu’on s’aperçoit que tout est tragique. Car Superman est mort. Vous pouvez vous frotter les yeux, vous pincer, vous gifler, il faut se rendre à l’évidence: Superman est mort. Il gît, là, vêtu de son collant bleu, auréolé, sur sa poitrine, de ce losange semblable à un logo de station-service, ses bottines rouges encore impeccables.
C'est tragique et les alternances de Steve Swallow, Paolo Fresu, Andy Sheppard, intenses chorus sur tempo très lent, me feraient volontiers couler quelques larmes. Ils accompagnent Superman dans son dernier vol et ce tempo, si lent, est bien là pour focaliser sur un événement sans action: Superman est mort, vous dis-je, et il n'y a rien d'autre sinon la ligne de basse et cette trompette poignante dans le choeur du saxophone. Noooonnn!!!

Gilles

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22 octobre 2007

Parfait accord

Concert Odyssud, Blagnac, jeudi 18 octobre 2007

Voici Andy Sheppard (s), Billy Drummond (d), Steve Swallow (b) et… où est-il? Ah! Le voici! The Lost Chords find Paolo Fresu. C’est ainsi que Carla Bley a, devant une salle pleine à craquer, donné le départ à deux heures d’un concert où chaque composition, chaque arrangement semblent être le fruit d’un long cheminement esthétique. Délicatesse, élégance, raffinement. La répartition des rôles est significative. En leader discrète, Carla Bley s’est effacée derrière des compositions «faites pour les musiciens». Elle n’a fait aucun chorus, laissant aux duettistes Paolo Fresu et Andy Sheppard, ainsi qu’à Steve Swallow le soin de mener, pas à pas, le note à note. Le trompettiste a trouvé son ton et son propos : «cool» et trompette bouchée, il évoquait Miles Davis; souple, il s’est plié vers le sol pour y saisir ses phrasés ou tourné vers le ciel pour lancer des notes claires et tenues.

En outre, Carla Bley a eu l’élégance et le respect du public de nous parler en français, attention qui montre bien son souci de la perfection. D’ailleurs tout est imprégné de cette perfection, les compositions, les enchaînements, les relations entre les instruments et les chorus; en même temps, la tendresse du regard de Steve Swallow vers le front baissé de Carla Bley, les sourires entre trompettiste et saxophoniste, les libertés d’expression et d’imagination ont coloré le concert et nous ont rapprochés des musiciens.

La première partie du concert a été consacrée au Banana Quintet, cinq mouvements d’un même morceau, enchaînées rapidement et qui ont mis le public devant cette contradiction : applaudir parce que c’est superbe mais ne supporter aucun bruit susceptible de perturber la musique. Il fallut donc attendre les dernières notes d’«Ad Infinitum» pour supplier, avec fracas, le retour sur scène des musiciens. Ils reviendront pour dérouler «Death of Superman» devant un public qui, dans un silence attentionné, savourait.

P.S.: Jazz sur son 31 n'autorise pas les photos durant les concerts. Celle qui illustre ce billet a été prise en 1999 lorsque Carla Bley, en octet, s'était produite à Souillac

Gilles, Juliette, Lisa, Marie-Françoise

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