28 novembre 2018

Mescladis le 30 novembre à St Céré

Jean-Marc Padovani et Christopher Gibert vous proposent un voyage dans le temps, entre culture occitane et musiques contemporaines.  
Depuis quelques mois, Jean-Marc Padovani et Christopher Gibert travaillent avec une grande complicité autour d'un projet commun qui leur est cher : Mescladis.
Ce mot décalé ("mélanges" ou "salade composée" occitan) démontre à lui seul tout l'aspect original et exceptionnel de ce projet. En effet, c'est ici la rencontre et même la fusion de plusieurs univers musicaux. La musique classique d'esthétique baroque avec un quatuor vocal et une basse continue (orgue positif), la musique jazz avec les percussions, la contrebasse et le saxophone, et la musique traditionnelle avec la vièle à roue. C'est avec un souci permanent de rencontre que les deux compositeurs ont pensé un spectacle où tous s'expriment en assumant leur univers. L'Occitanie est le lien. Des arrangements d'airs traditionnels comme une sérénade du bas-quercy, "al pont de Mirabel" inscrivent ce programme dans la mémoire vivante de cette culture régionale. Des échos à une musique plus lointaine sont insérés à ce parcours : des airs de troubadours rencontrent la composition contemporaine dans la pièce "L'autrier jotz". Le thème "Lamma bada" fait un écho à cette culture arabo-andalouse, très implantée dans notre région au cours du Moyen âge, notamment avec les chemins de pèlerinage. Tout ce répertoire converge donc vers une rencontre musicale d'un point de vue esthétique, mais aussi un parcours parmi la culture occitane, irriguée par la langue et les échanges.
L'échange, cette notion qui est chère aux deux musiciens sera un autre fil conducteur, notamment par l'improvisation qui offrira de belles joutes entre le saxophone, la vièle à roue ou encore les voix.
Mescladis est le reflet d'une culture affirmée et vivante qui s'ouvre sur notre temps, qui vie et évolue avec les artistes comme une recette que l'on élabore. De cette manière, c'est actuellement lors des résidences de création qu'aboutiront les ultimes choix esthétiques pour marier au mieux les ingrédients riches et variés de cette "mescla" musical.

Théâtre de l’Usine
18 avenue du Docteur Roux
46400 Saint-Céré
Billetterie : 05 65 38 28 08
Standard : 05 65 38 29 08
public@scenograph.fr


24 septembre 2018

Limoges, capitale de la swing'music (5)


Après quelques conférences et films en septembre, octobre va être « hot » à Limoges.
Tout d’abord concert le 9 octobre au centre culturel John Lennon, de l’Umlaut big band autour d’inédits de Fletcher Henderson, précurseur de l’ère des big bands et d’un hommage à son arrangeur fétiche : Don Redman. Pierre-Antoine Badaroux son leader a su s’entourer de la fine fleur du jazz contemporain, avec notamment les Jean Dousteyssier, Geoffroy Gesser, Benjamin Dousteyssier, Fidel Fourneyron, Romain Vuillemin, Sébastien Beliah tous passés par Souillac et le nord du Lot, pour glorifier les racines du jazz comme le dit Bruno Pfeiffer de Libération.  Nous voilà replongés dans les années 20 pour un bal endiablé.
Puis ce sera un colloque international qui aura lieu du 22 au 24 octobre avec une étape musicale au centre culturel Jean Moulin le 22 à 20h à l’initiative du Hot Club de Limoges qui accueillera l’Anachronic Jazz Band dont Patrick Artero et Daniel Huck sont les principaux solistes.
Le colloque est placé sous la direction d’Anne Legrand dont on a parlé dans les épisodes précédents, une vingtaine d’intervenants sont conviés autour de personnalités du jazz comme Bill Coleman avec Michel Laplace grand spécialiste en France de la trompette, que l’on peut suivre dans Jazz Hot, Jazz Dixie Swing, et lui-même adepte de l’instrument ; comme Buck Clayton un temps président d’honneur du Hot Club grâce à Alyn Shipton de la BBC, venu d’ailleurs à Souillac il y a quelques années ; comme Don Byas avec Daniel Nevers historien du jazz, responsable d’éditions phonographiques comme les intégrales de Django Reinhardt et de nombreuses liner notes. Yannick Séité spécialiste du jazz et de la littérature viendra parler de Milton Mezz Mezzrow, Claude Carrière lui aussi venu à Souillac pour un débat (photo avec de gauche à droite votre serviteur, Anne Legrand, Laurent Sapir de TSFjazz et Claude Carrière)


LE spécialiste de Duke Ellington, évoquera sa tournée en Europe en 1933, Ludovic Florin, toulousain, plume de Jazz Magazine, auteur de Carla Bley l’inattendu-e parlera de Willie Smith « the lion » autre pianiste ! Claude-Alain Christophe président du Hot Club bien sûr évoquera son prédécesseur Jean-Marie Masse, l’homme par qui tout est arrivé ! et Noëlle et Jacques Ribière livreront leurs rencontres nombreuses avec leur ami Claude Bolling avant l’hommage de Claude Tissendier au maestro le 5 novembre au centre culturel Jean Gagnant « Swingin’Bolling ».
Un programme riche à l’auditorium Clancier de la BFM de Limoges – programme complet sur http://www.ville-limoges.fr/index.php/fr/actualites/108-culture/4783-hot-vienne-colloque-international-100-jazz
à suivre
Robert Peyrillou 

12 août 2018

Limoges, capitale de la swing'music (4)

Harlem à Limoges, une histoire du jazz à Limoges, rend un vibrant hommage à Jean-Marie Masse, fondateur en 1948 du Hot Club de Limoges, fasciné par le jazz de Harlem.
Il y est question de l'avènement du jazz à Limoges avant 1940 avec Yaniv Arroua, de Jean-Marie Masse avec Claude-Alain Christophe son successeur à la présidence du HCF, d'Hugues Panassié par Pierre Fargeton, de Johnny Simmen ... Alyn Shipton nous parle de Buck Clayton quand Michel Laplace de Jazz Hot, spécialiste de trompette évoque Bill Coleman. Les musiciens ne sont pas en reste avec Don Byas, Guy Lafitte, Willie Smith "the lion", Claude Bolling par Noëlle Ribière, Mezz Mezzrow, Charlie Gabriel ... et pour conclure, Benoît Morin parle de la radio à Limoges depuis 1928.
C'est aux Ardents Editeurs à 24€ www.lesardentsediteurs.com 


Un livre, mais aussi un CD !
Il est placé sous la direction de Daniel Nevers (auteur ci-dessus de Don Byas) et de François Lê Xuân. Il s'agit d'enregistrements originaux produits par Jean-Marie Masse pour Radio Limoges entre 1949 et 1956. Ce disque est un évènement digne de figurer dans toutes les discothèques, un régal d'entendre Claude Bolling dans un appartement à Limoges mais aussi Lionel Hampton, et les musiciens cités plus haut présents dans le livre. Il est disponible à la boutique Hot Vienne à la BFM de Limoges à 15€





à suivre

20 juillet 2018

Rencontre avec les Karpates Show


Les Karpates Show, un groupe venu « des Carpates marnaises, une région montagneuse de la Champagne, qui culmine à 272 mètres» comporte quatre membres : Igor Batchev (Xavier), Clara Ponsinov (Clara), Vassili (Pierre) et Vladimir (Didier).

Pourquoi vous êtes vous tournés vers les musiques d’Europe de l’Est ?
Ce sont des musiques sans frontières. Elles plaisent à toutes les générations. Ce ne sont ni des musiques de jeunes ni des musiques de vieux. En cela, les musiques populaires rejoignent le jazz. Par ailleurs, comme lui, elles reposent sur l’improvisation. Nous-aussi, nous jouons avec l’improvisation. Dans ce groupe, il y a d’excellents improvisateurs : Clara a fait l’école Didier Lockwood, Xavier a une grande expérience en jazz et Pierre est un excellent soliste en guitare manouche en plus de jouer de l’accordéon. On n’est pas un ensemble traditionnel de fanfare tzigane, à dix ou douze personnes, avec de nombreux cuivres.
On joue beaucoup le répertoire des Balkans, des rythmiques composées en 7 temps, 9 temps, … On touche un peu au Klezmer, à la chanson française. Il y a aussi un morceau grec, un italien, des références au cinéma de Kusturica bien sûr, à La Vie est un miracle, Le Temps des gitans, Chat noir, chat blanc.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?
L’histoire du groupe est un peu compliquée. Didier et Philippe, l’accordéoniste, ont formé le groupe en 2014. Des musiciens appartenant à la troupe initiale sont aujourd’hui très peu disponibles. Le premier violoniste, Léo, joue aussi avec Saramabalouf qui tourne énormément. C’est une formation à géométrie variable ; on peut être 5, 6… Didier et moi (Xavier) nous connaissons depuis 25 ans. On a rencontré Clara et Pierre il y a un an. On a souvent un deuxième violoniste et un percussionniste avec nous. Les contraintes économiques font que nous, les quatre membres du Politburo, jouons beaucoup ensemble. On a le goût commun de cette musique chaleureuse, communicative, festive, populaire.

Que représente pour vous le fait de jouer en déambulant ?
Ce sont des aventures. En général, on joue quelques morceaux ici puis quelques autres là. Jouer en marchant, bien que ça nous arrive, est plus difficile, plus physique, surtout lorsqu’on a un instrument dans la bouche ! On aime être mobiles, être autonomes. On a un petit ampli pour le violon, un porte-voix, un landau.  
On se scénarise de plus en plus. On a inventé un pays imaginaire, la Tatouasie, un pays peu démocratique à côté de l’Océtie. On a un chef de partie, deux militaires…On se trimbale avec une drôle de valise au symbole radioactif. On parle à moitié russe et très souvent, les gens sont pris au piège, car ils pensent qu’on est vraiment russes.

Vous parlez russe ?
C’est du Russe de bazar. Xavier, lui, a appris le Russe, au collège et au lycée, mais ça fait longtemps ! On importe les mystères de l’Est. On joue avec l’image des anciens pays du bloc de l’Est, les démocratures actuelles qui savent bien empoisonner au polonium. On a un aspect russkoff, un peu brutal, pas aimable alors que notre musique est très aimable.

"Karpatt Show", c’est aussi "Carpaccio" ?
Oui, c’est saignant. Didier aime beaucoup les jeux de mots, les calembours.

Quel est le morceau que vous préférez jouer ?
Xavier : Freylech parce qu’il y a deux parties, une très lente et une très rapide. J’aime aussi les chansons que je chante : celle de Boris Vian et celle d’Edith Piaf. Il n’y a pas d’enregistrement de Vian de L’Âme slave mais Higelin l’interprète dans son premier album en 1965. C’est une performance car il réussit à la chanter en moins de deux minutes.
Clara : J’aime jouer les morceaux aux mesures asymétriques, ceux en 7 temps ou en 9 temps, typiques des musiques d’Europe de l’Est, comme Gankino Oro.
Pierre : In the death car et Bubamara me renvoient vraiment aux émotions suscitées par l’art de Kusturica.
Didier : Je les aime tous ! j’aime ceux que j’ai arrangés, comme Fliying bulgar. J’aime mettre des morceaux dans les morceaux. On aime s’amuser. Il faut s’amuser.

Que vous procure le fait de venir à Souillac ?
C’est un bonheur. Je (Didier) suis déjà venu il y a quelques temps pour une formation de swing vocal. Il y a des gens charmants. On est bien accueilli. Il y a du bon public. Le temps est magnifique et on peut jeter les déchets nucléaires dans la rivière !
Pierre habite en banlieue parisienne, nous habitons à Reims. Chez nous, il n’y a pas de vraies montagnes. On éprouve un répertoire, en acoustique, pour un public inconnu. C’est un défi intéressant. Nous sommes enchantés d’être ici.

Les propos ont été recueillis et retranscrits par Loreleï Giraudot et Marie-Françoise Govin

18 juillet 2018


Grottes de Lacave, concert du duo Olivier Py (saxophones) et Alioune Koné (koras), 18 juillet 2018
« Un lieu de poésie », dit doucement Olivier Py dans le train qui le conduit sous la terre dans la grande grotte. « Une cathédrale naturelle », ajoute-t-il. Délicatesse et poésie sont les invitées. Sur la scène, les instruments ajoutent au décor minéral leur prestance, leur présence. Deux koras, une grande et une plus petite, deux saxophones, un soprano et un ténor, deux complices échangeant poignée de mains et regards, écoute et respiration. Les instruments de bois et de métal, aux couleurs ocre, beige et grise de la grotte, attendent  au cœur d’un espace minéral, dans un temps suspendu comme les spectateurs curieux si nombreux ce soir. 
Les doigts d’Alioune Koné courent sur les cordes, la mélodie se propage en volutes qui se nichent dans les oreilles, enveloppent les spectateurs, s’élèvent dans les hauteurs de la voûte, se glissent dans les plis de la roche. Le souffle du saxophone attrape les notes, les rejoue, plus graves, plus longues. Des motifs répétés ponctués d’improvisations tissent les morceaux, toujours longs.
La kora paraît un ventre d’où naissent les notes, ventre rond, tandis que le saxophone est le poumon, qui donne la vie par l’air et le vent. Lors de la balance, les musiciens ont testé les effets de l’écho. Ils en jouent maintenant et le son vient du ciel de pierre. Alioune Koné poudre ses mains, ses cordes et le bois au talc, tout est humide, il réaccorde les koras à chaque morceau. Olivier Py est totalement absorbé par son jeu : son instrument aussi subit les effets du froid et de l’humidité, mais l’effort technique passe inaperçu si ce n’est une concentration extrême. Les mélodies dansantes succèdent aux récits des griots : la kora est un instrument traditionnel des griots d’Afrique de l’ouest. Mais le musicien bambara-montpelliérain l’a modifiée à l’image de sa double culture. Ses deux koras sont chromatiques et il peut ainsi aisément changer de tonalité en levant ou abaissant des petits clapets situés sous les clés. Il a, en outre, ajouté deux cordes pour les basses. Alioune Koné donne toutes ses explications, tout simplement ; d’ailleurs il prend volontiers le public à témoin des effets blanchissant du talc. Public qui participe sans se faire prier, répondant aux sollicitations venues de la scène. La musique africaine est là, le son si particulier de la harpe africaine les convoque dans notre imaginaire mais aussi celui du clavecin et de la harpe classique.
L’esthétique de la musique répond à celle de la grotte. Des déroulés se plissent, des phrasés se fragmentent, dans les arrondis mélodiques se faufilent des aspérités qui, dans leurs développements, deviennent blocs de sons, nouvel air, majestueux. La kora lance un chant, qu’elle prolonge en mi-teinte, pour donner au saxophone le relief de l’improvisation. Le souffle dans le tuyau du saxophone accompagne et soutient les envolées lyriques des cordes pincées et des bois frappés. Ça danse et ça claque. Les musiciens ont composé ensemble tous les morceaux entendus sauf une interprétation très poétique de My Favorite Things, de la comédie musicale La mélodie du bonheur, un des morceaux préférés de John Coltrane dont il avait enregistré une interprétation mythique dans les années 1960. Enfin, un grand moment d’improvisation, libre mouvement de mélodies, qui, heurtant les parois de pierre, reviennent d’on ne sait où, des failles ou des blocs, de l’eau du lac, laisse planer un tournoiement de poésie. 
Marie-Françoise Govin
dessins Pascale Merono

16 juillet 2018

Rose Betty Klub à Pinsac


Les intempéries l'ont décidé, le concert de ce soir à Pinsac aura lieu en intérieur, dans la salle Roger Vitrac. On le regrette? Non car l'énergie et la bonne humeur du groupe font fi des aléas météorologiques. Fondé par la chanteuse-compositrice Marie Nosmas, alias Rose Betty, le groupe réunit de jeunes musicien-ne-s montpelliérain-e-s. Leur musique emprunte sans retenue au rhythm n' blues, à la soul, au boogie woogie, au rockabilly et au blues dans des compositions pleines d'entrain et de rire. Deux musiciennes et trois musiciens dans un quintet guitare, chant, contrebasse et batterie. Souillac en jazz ouvre ainsi avec enthousiasme la série de concerts 2018. 
Concert gratuit.

14 juillet 2018

43

Aujourd'hui, samedi 14 juillet, premier moment du 43e festival Sim Copans de Souillac avec la projection au cinéma de Souillac du film Born to Be Blue, qui rappelle la puissance et la mélodie d'un artiste mythique, Chet Baker. Ce matin, lors de la réunion des bénévoles, chacun a pris note du travail qui l'attend. Des équipes se sont constituées, des rendez-vous sont pris. Installer des chaises et des scènes, accueillir le public pour les concerts et à l'exposition, arranger les lieux pour le confort des musiciens, gérer la logistique de l'hébergement et de la restauration, préparer la ville pour cette semaine musicale et festive, tous les gestes qui construiront l'événement tissent déjà le festival commençant. L'enthousiasme est là!